La journée internationale de la lutte contre l’homophobie se déroule aujourd’hui. Toulouse semble relativement épargnée par les actes homophobes.
Les actes homophobes sont quotidiens et omniprésents, y compris en Haute-Garonne. «On a l’impression que la lutte contre l’homophobie est partagée par tous, mais dans les faits, on se rend compte que c’est faux» observe Serge Perrody, délégué de Haute-Garonne de l’association Le Refuge. Cette association s’occupe des jeunes majeurs rejetés par leurs proches à cause de leur homosexualité. «Ces jeunes se retrouvent déboussolés. Ils perdent leurs repères, les soins de leurs parents, leur foyer, leur confort… Ils subissent des violences verbales, l’agressivité ou la haine en raison de leur orientation sexuelle», témoigne Sylvie, bénévole au Refuge. Marie-Claude raconte que son fils est âgé de 19 ans lorsqu’il lui dévoile son homosexualité. Néanmoins il mettra une année entière à le révéler à son père, de peur d’être rejeté. Elle assiste impuissante à la souffrance de son enfant qu’elle voit ravagé de devoir lutter pour cacher sa sexualité.

La Manif pour tous reste très active

Michel Meignin, de l’association Arc-en-ciel rappelle qu’en mai 2016, la Manif pour tous a été très active à Toulouse. Il constate que les actes et les violences homophobes ont augmenté depuis 2013. «On avance dans la bonne direction, mais à chaque avancée concernant les droits des personnes LGBT, les violences homophobes ne cessent d’augmenter. Cependant, Toulouse par son côté universitaire et sa population jeune et dynamique est une ville assez tolérante et ouverte au multiculturalisme.»

Patrick Fontanel, organisateur de l’association en charge de l’événement Pride Toulouse, le confirme : «A Toulouse, nous sommes épargnés, même si nous ne sommes pas à l’abri». Effectivement, la Ville rose a été en 2015 la scène de vandalisme témoignant des violences qui perdurent à l’égard de la communauté LGBT (Lesbienne, Gay, Bi et Trans). Les œuvres d’Olivier Ciappa ont été taguées et déchirées. Cette exposition baptisée «Les Couples imaginaires» était organisée par la mairie de Toulouse pour les 10 ans de l’Autre cercle de Midi-Pyrénées, une association LGBT. Le photographe avait mis en scène des couples hétérosexuels et homosexuels pour défendre l’égalité des couples. Selon lui, les vandales «ne voulaient pas qu’on fasse la promotion de ce mode de vie, ni que les passants puissent voir cette exposition. Ils ont tout balayé en quelques minutes.»

Le festival LGBT débute ce soir

Toulouse/Hasard du calendrier ou pas, le festival LGBT débute ce soir, pour la journée internationale de la lutte contre l’homophobie et la transphobie. Il se poursuivra pendant près d’un mois, pour finir en apothéose par la marche des fiertés. L’inauguration du festival se tiendra à 19 heures, place du Capitole. Pour l’occasion, l’association Pride Toulouse, déploiera un immense drapeau arc-en-ciel. Elle sera accompagnée des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, un mouvement militant LGBT. La soirée se poursuivra à l’espace diversité-laicité avec la projection du film «Devenir il ou elle», un documentaire sur les transgenres. «Cela nous tenait à cœur de mettre en avant les transgenres, car c’est souvent eux à qui on pense en dernier», explique Patrick Fontanel un des organisateurs du festival.

Jusqu’au 10 juin, ce sont de nombreux films, spectacles, ateliers ou conférences qui s’enchaîneront. Gratuits pour la plupart.

Enfin, le samedi 10 juin, la marche des fiertés clôturera le festival. De nombreuses personnes sont attendues de toute la région pour cet événement majeur. «Nous ne sommes pas ouverts seulement à la population LGBT, précise Patrick, le but, c’est de s’ouvrir au plus grand nombre possible».

Laureen Perrier-Chassaing