Actu Côté Toulouse: « Marche des fiertés, à Toulouse : les organisateurs face aux contraintes de sécurité »

Les organisateurs de la Marche des fiertés de Toulouse se sont réunis, mercredi 22 mars 2017, afin de discuter parcours et sécurité. Deux conditions ont été posées. Précisions.

Ils ont posé deux conditions non-négociables. Mercredi 22 mars 2017, les 25 associations qui prendront part à la Marche des fiertés de Toulouse, censée se tenir samedi 10 juin, se sont réunies, afin de faire le point sur l’organisation de l’événement.

Au coeur du débat : les mesures de sécurité et le parcours imposés par la préfecture de Haute-Garonne, qui entraîneraient un poids financier que les organisateurs disent ne pas pouvoir supporter.

Une marche et la place du Capitole

« Rien n’est encore décidé pour l’instant, mais nous voulons marcher quoi qu’il en coûte », confirme Thierry Grandclément, le co-président de Pride Toulouse, l’association à l’initiative de la marche. Même si les organisateurs sont conscients qu’ils ne pourront pas suivre le même parcours qu’en 2016, ils ont posé une deuxième condition :

Nous voulons passer par la place du Capitole.

L’année passée, la place emblématique de la Ville rose était le point de départ de la marche. Les manifestants et les chars avaient ensuite emprunté la rue d’Alsace-Lorraine, avant de se diriger vers les boulevards puis de continuer jusqu’aux allées François-Verdier, avant de retourner à leur point de départ.

Cette année, les organisateurs vont proposer, jeudi 6 avril, lors d’une réunion avec les services de la mairie et de la préfecture, le même schéma. À ceci près que le parcours pourrait passer place Wilson au lieu d’aller jusqu’à la place Jeanne-d’Arc. Pour être un peu plus court.

Voici le parcours que les organisateurs vont proposer :

Agents de sécurité, plots de béton…

Deuxième sujet épineux, après le parcours : la sécurité. La préfecture et les services de la mairie n’ont pas encore tranché quant aux moyens qui seront déployés de leur côté, mais, selon Thierry Grandclément, les mesures demandées sont « colossales » :

«Nous comptions déployer 80 personnes environ. Mais la préfecture nous demande d’engager des agents de sécurité professionnels et de disposer des plots de béton, à environ 90 euros l’unité. Nous ne pouvons pas assumer ce qu’ils nous demandent, c’est bien trop cher», souffle-t-il.

Et une question subsiste dans l’esprit du vice-président de Pride Toulouse : « Pour la techno parade de samedi 18 mars, il n’y avait presque pas d’obligation au niveau de la sécurité. Pourquoi le Carnaval et la Marche des fiertés seraient-ils verrouillés ? ».

Face à un contexte tendu, la préfecture de Haute-Garonne précise que « la sécurité des grands rassemblements est désormais l’affaire de tous, forces de l’ordre, élus et organisateurs (ainsi que les citoyens avec la vigilance de chacun).Il n’y a là aucun traitement différent pour cette manifestation en faveur des droits des personnes LGBT, achève-t-elle. »

Thierry Grandclément précise donc qu’une lettre doit être envoyée dans ce sens à Jean-Luc Moudenc, le maire LR de la Ville rose, afin d’obtenir quelques explications. « Mais pour l’instant, rien n’est fixé, nous sommes toujours en pourparlers », insiste-t-il.

Contactés, les services de la mairie n’ont pas encore répondu à nos sollicitations.

La Marche des fiertés de Toulouse doit se dérouler samedi 10 juin 2017.
Le Festival des fiertés est programmé du mercredi 17 mai au samedi 10 juin 2017.

http://actu.cotetoulouse.fr/marche-fiertes-toulouse-organisateurs-veulent-place-capitole_61478/

France bleu : « Toulouse : comme le carnaval, la Gay Pride 2017 face aux questions de sécurité »

Par Stéphanie Mora, France Bleu Toulouse
mercredi 22 mars 2017 à 9:00
La Gay pride à Toulouse rassemble entre 15 et 30 000 personnes ces dernières années © Radio France – Jean-Marc Pérez

Mêmes causes, même casse-tête ! Les organisateurs de la prochaine Gay Pride à Toulouse font face à des contraintes de sécurité énormes. Entre l’état d’urgence et la période électorale, la préfecture réclame une manifestation très encadrée sur un parcours restreint avec de gros surcoûts.

La 23e édition de la marche des fiertés homosexuelles bi et trans-sexuelles est prévue le 10 juin prochain. Problème : les organisateurs ne sont pas sûrs d’avoir les moyens et les soutiens pour faire face. Les prochaines semaines seront cruciales, ce mercredi 22 mars, les associations LGBT, réunies dans le collectif Pride Toulouse, entament un long marathon de réunions pour trouver une solution.

Plus de 20 000€ de surcoût

La préfecture a proposé un défilé sur un parcours restreint et ultra sécurisé. Le même que celui du carnaval entre le grand rond et les allées Mistral et Ravanel. A charge aux organisateurs de payer les agents de sécurité, l’installation et l’enlèvement de gros blocs de béton, et des barriérages. Comptez 90€ par bloc et 18 000€ pour les vigiles. Trop cher pour l’association Pride qui organise la marche cette année. Pride regroupe 22 associations toulousaines et d’autres mouvements de l’ancienne Midi-Pyrénées, ses responsables se retrouvent face à deux options : trouver l’argent nécessaire ou proposer une autre solution.

Un rassemblement statique place du Capitole?

L’alternative pourrait être un rassemblement statique place du Capitole, mais là aussi il faudra régler les vigiles, la fermeture des rues et le dédommagement de Vinci qui devra évacuer le premier niveau du parking en sous-sol. Autre option : repousser la marche après les vacances d’été au risque de perdre l’esprit de l’événement… Paris a annoncé le maintien de sa gay pride le 24 juin, difficile pour les militants toulousains d’envisager l’abandon de ce moment de revendications de droits. Les organisateurs doivent proposer un scénario à la préfecture début avril.

« La sécurité est désormais l’action de tous » dit Frédéric Rose, le directeur de cabinet du préfet. « C’est une façon de nous empêcher de manifester pour nos droits » répond Louise Lourdou d’Act-up Sud-Ouest

Act up Sud Ouest a été la première association a poussé un coup de gueule contre ces contraintes. Pour Louise Lourdou, cela arrive dans un contexte de « recul des droits des homosexuels depuis la Manif pour tous. Il y a un contexte politique. accéder aux demandes sécuritaires de la préfecture et de la mairie c’est faire leur jeu » la présidente d’act up Sud ouest ajoute : « C’est pas possible pour l’association Pride Toulouse de répondre aux contraintes financières beaucoup trop élevées ».

Avec l’état d’urgence, la préfecture de Haute-Garonne a décidé d’impliquer les élus et les organisateurs de manifestation aux questions de sécurité. Un choix assumé par Frédéric Rose, le directeur de cabinet du préfet.

Quoiqu’il arrive le festival des fiertés de Toulouse lui se tiendra bien du 17 mai au 10 juin prochain.

https://www.francebleu.fr/infos/societe/toulouse-comme-le-carnaval-la-gay-pride-2017-face-aux-questions-de-securite-1490169384